Le 27 septembre 1981, le TGV effectuait son premier voyage commercial entre Paris et Lyon, cinq jours après son inauguration. Depuis, il a été emprunté par plus de 3 milliards de voyageurs.

Le 27 septembre 1981, le TGV effectuait son premier voyage commercial entre Paris et Lyon. • © Roland Witschel / dpa
C’était le 22 septembre 1981. Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche perdue venait de sortir dans les salles obscures. La danse des canards de JJ Lionel caracolait en tête des ventes de vinyles en France, talonnée par Sara perché ti amo du groupe Ricchi e Poveri. Mais surtout, François Mitterrand inaugurait la première ligne TGV entre Paris et Lyon. Cinq jours plus tard, le 27 septembre, le train à grande vitesse effectuait son premier voyage commercial. Quarante-cinq ans après, trois milliards de voyageurs ont pris place à bord. L’occasion de revenir sur ses petits secrets.
Un train nommé Patrick
La toute première rame de TGV a été affectueusement surnommée « Patrick ». N’y voyez aucun hommage à Patrick Sabatier, chouchou des ménagères à l’époque et vedette du petit écran. Le wagon a été baptisé ainsi du nom du fils du tout premier conducteur de train à grande vitesse. Pour l’anecdote, sachez que la deuxième rame s’appelait Sophie, du prénom de la fille du deuxième conducteur. Depuis, « Patrick » a été mis à la retraite. Le TGV vedette a été retiré de la circulation en 2019, après 38 années de service. Il a toutefois eu droit à une tournée d’adieu.

« Patrick », le premier TGV a cessé de circuler en 2019. • © Vincent Isore / MAXPPP
Une couleur orange
À la fin des années 70, les trains étaient majoritairement verts ou gris, des teintes jugées vieillissantes. À l’inverse, la couleur orange était à l’époque très populaire, étant considérée comme « futuriste ». En optant pour cette teinte, la SNCF a souhaité « marquer une rupture visuelle totale » et faire preuve de modernité. L’orange était aussi la couleur identitaire du groupe Alsthom qui a construit le TGV. Elle permettait également au bolide d’être bien plus visible et de renforcer en cela la sécurité aux abords des voies. La couleur historique a été progressivement abandonnée dès 1989. L’entreprise a profité du lancement de la ligne Atlantique pour lancer une nouvelle identité visuelle, moins flashy et bien moins connotée seventies. Elle optera alors pour le bleu et le gris argenté.

En 1981, le TGV permettait de relier Paris à Lyon en 2h40. • © Roland Witschel / dpa
Une allure de Porsche
C’est Jacques Cooper qui a été chargé de dessiner le TGV. Alsthom lui lance un défi : « Faites-nous un train qui ne ressemble pas à un train ». Exit les locomotives massives et verticales, le designer industriel va être animé par l’idée de proposer du « jamais vu ». Il va s’inspirer d’un prototype sur lequel il a déjà travaillé dans les années 70 : la Porsche Murène (jamais commercialisée). Il reprend ainsi le concept original, à savoir un nez allongé et pointu pour apporter une touche d’aérodynamisme et donner l’impression que le train est en mouvement, même lorsqu’il est à l’arrêt. Il brise ainsi tous les codes ferroviaires traditionnels.

« Patrick », le premier TGV a été conçu pour ressembler à une Porsche Murène. Son nez pointu lui donne l’impression d’être toujours en mouvement, même à l’arrêt. • © Vincent Isore / MAXPPP
Par ailleurs, la réalisation des espaces intérieurs est confiée à Roger Tallon qui va enlever tous les compartiments cloisonnés pour concevoir des espaces ouverts, semblables à des salons. L’idée : se rapprocher du confort des avions de ligne.

Les concepteurs du TGV, à bord du quel se trouve François Mitterrand, ont voulu réaliser des salons semblables à ceux des avions. • © Keystone Pictures USA / MAXPPP
Une vitesse de 270 km/h
Avant le lancement du TGV, il fallait environ 3h40 pour relier Paris et Lyon par les rails. Le train à grande vitesse va permettre de raccourcir le trajet d’une heure, en roulant à 270 km/h en moyenne. Il se dit d’ailleurs que les ingénieurs ayant travaillé sur la conception du wagon bar ont passé des heures à tester la stabilité d’une tasse à cette vitesse-là.
Il faudra toutefois attendre 1983 – et la fin des travaux sur l’ensemble du parcours – pour que la liaison se fasse en deux heures. Aujourd’hui, la vitesse réglementaire du TGV est de 320 km/h. Le record a toutefois été battu en 2007 sur la ligne Paris-Strasbourg avec une pointe à 574,8km/h.
Source: http://www.france3.fr


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