Quand la SNCF transformait ses trains en salle de cinéma, en 1983

Le 16 mars 1983, la presse était invitée à découvrir le nouveau service que proposait la SNCF dans certains de ses trains : profiter du 7e art lors de son voyage. Récit entre Angoulême et Bordeaux avec l’article paru à l’époque

Le 16 mars 1983, la SNCF présente son wagon ciné à la presse lors de la fin du trajet Paris-Hendaye, entre Angoulême et Bordeaux. © Crédit photo : Archives Jean-François Grousset / Sud Ouest

La SNCF n’aime plus le train-train. Elle innove. Pour choyer son aimable clientèle, elle introduit le cinématographe dans ses rames. Décision heureuse. Et tardive. Pourquoi a-t-il fallu attendre autant pour que le cinéma prenne le train en marche quand il a pris l’air depuis si longtemps ? Bizarre !

Le wagon cinéma vu de l’extérieur à Angoulême, le 16 mars 1983.Archives Jean-François Grousset / Sud Ouest

De fait, ce mariage du cinéma et du train n’est que justice. Car du « Mécano de la générale » au « Train sifflera trois fois », le chemin de fer a beaucoup donné au septième art. D’ailleurs, l’idée du travelling n’est-elle pas née du spectacle des paysages qui défi lent derrière la fenêtre d’un compartiment ?

Il aura donc fallu attendre l’automne 1982 pour que la SNCF fasse un essai sur la ligne Paris – Bourg-Saint-Maurice. Pour cela, une voiture spéciale fut construite. Une voiture sans fenêtres, orange et tête-de-nègre, élargie par d’habiles effets de glaces. Fauteuils (42) et strapontins (14) sont fixés sur un plan incliné. La précaution permet une aussi bonne vue sur l’écran que dans n’importe quelle salle de cinéma.

Le train en gare d’Angoulême, le 16 mars 1983, avec le wagon dédié…

Pour cinq mois, l’expérience s’est déplacée sur la ligne Paris-Hendaye (1). Et pas plus tard qu’hier, la presse fut conviée à un test. C’est ainsi que nous avons pu voir la fin de « la Boum 2 » entre Angoulême et Bordeaux.

Par Jean Eimer – Archives Sud Ouest

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