À Ground Control à Paris, l’exposition « Food Express » retrace l’histoire de la restauration à bord des trains depuis les années d’après-guerre. De la voiture restaurant au self-service, elle explore aussi l’évolution d’une esthétique.

La voiture-restaurant du « Grill express », ici en 1982 – Michel Henri
C’est un lieu que l’on connait tous et toutes, mais qui renferme une histoire plus riche qu’on le croit : les wagons-restaurant puis les wagons-bar de la SNCF. Au coeur de la friche ferroviaire de Ground Control à Paris, une exposition – montrée également à Arles l’an dernier dans une version différente – retrace l’histoire et les esthétiques liées à la restauration dans les trains, basée sur les archives des compagnies qui ont assuré ce service au fil des ans.
Avec une série de photos de promotion exposées en grand format, on découvre à quel point l’allure de ces wagons, mais aussi leur fonction, a évolué depuis la fin de la seconde guerre mondiale. « On se rend compte que l’histoire de la nourriture à bord des trains est à la fois une histoire de l’innovation, une histoire culturelle, une histoire des techniques : on a rapidement envisagé une exposition historique, qui témoigne de cette évolution », explique Arthur Mettetal, historien et commissaire de l’exposition.
Des tendances cycliques ?

L’exposition met en avant les photographies publicitaires des menus des trains – Ground Control, Nicolas Hoffmann
Ainsi, plus les trains vont vite, moins il devient enviable (voire possible) de faire un vrai repas à table. À partir des années 70, avec les trains corail et surtout les TGV, apparait la restauration rapide. Il y a de moins en moins de cuisine à bord, et c’est l’apparition des plats préparés. Et en même temps que l’offre évolue, son imagerie aussi : « Dans les années 50 et 60 on voit encore des personnes à bord, mais on les fait évoluer, on voit un public plus jeune sur les images des trains Corail », détaille Arthur Mettetal. « Et dans les années 80, 90, on arrive sur de la photographie uniquement alimentaire et marketing, qui va promouvoir les plats, les boissons. Les personnes disparaissent, on a une nouvelle esthétique ».
Ces plats sont pour certains intermporels, comme le croque-monsieur, qui n’a presque pas changé de recette ni de look depuis son introduction au milieu des années 70. D’autres ont pris un coup de vieux, mais il y a tout de même une sorte de cycle, avec des tendances qui reviennent jusqu’à aujourd’hui : « Les nouvelles manières de se restaurer dans le TGV dans les années qui arrivent sont complètement inspirées d’une innovation qui s’appelait le Grill Express dans les années 70, qui consistait à avoir un libre-service dans la voiture restaurant » explique Arthur Mettetal, « et on voit donc que l’innovation est perpétuelle mais elle se nourrit de sa propre histoire ». Tout comme le petit frère de la voiture-bar, le chariot ambulant introduit dans les années 60, bijou de technologie à l’époque, qui devrait bientôt revenir dans les trains Ouigo.
Julien Baldacchino
source : http://www.radiofrance.fr


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