L’autorail Bugatti, joyau du patrimoine ferroviaire, a quitté les collections de la Cité du train à Mulhouse le mardi 20 janvier. Le dernier exemplaire des 88 trains produits par l’entreprise rejoint, à bord d’un convoi exceptionnel, le salon Rétromobile 2026 à Paris. Il y sera exposé pendant trois jours.

L’autorail a pris la route pour rejoindre le salon Rétromobile à Paris. • © Eric Kleinhoffer, France Télévisions
L’autorail Bugatti conçu dans les Années 30 a quitté la cité du train de Mulhouse ce mardi 20 janvier. Le dernier exemplaire encore existant des 88 fabriqués à Molsheim, dans le Bas-Rhin, a pris la route à bord d’un convoi exceptionnel. Destination Rétromobile, le prestigieux salon de voitures de collection, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Il y sera exposé du 28 janvier au 1er février.
La sortie de ce monument roulant, véritable trésor national, est un évènement rare. Son déplacement, nécessitant une logistique rigoureuse, sera suivi de près tout le long du trajet.
Une manœuvre de précision
Dès ce matin 8 heures, en présence du public, il a d’abord fallu sortir le monstre de métal de son cocon. Une opération longuement préparée qui n’a pas empêché de mettre la pression sur le directeur de la cité du train, Sylvain Verneray.

L’autorail Bugatti est sorti de son musée pour être hissé sur une remorque. • © Stéphanie Mallauran, France Télévisions
À la manœuvre à bord de son locotracteur, il explique : « Quand on déplace une pièce de musée chez nous, c’est 25 mètres de long et entre 40 et 150 tonnes. Cela nécessite quelques moyens et de la maîtrise dans la manœuvre pour pouvoir tirer ces engins. Là on est sur une pièce unique au monde, extrêmement précieuse, donc on redouble d’attention, ça demande de la concentration ».
Un train moderne, de son époque
C’est que cet autorail, bichonné comme un joyau, mérite toutes les attentions. Propulsé par quatre moteurs issus de la mythique Bugatti Royale, « c’est un peu la Joconde du musée », souligne Anne Bourguignon, chargée de mission conservation à la Cité du train.
Les premiers exemplaires de cet autorail express sont livrés à partir du printemps 1933 à ce qui deviendra quelques années plus tard la SNCF. Très profilés, ils peuvent atteindre la vitesse de 140 km/h. « Il est vraiment représentatif de son époque avec un aérodynamisme un peu particulier. Son nez allongé préfigure ce que sera le TGV. Son confort aussi est très moderne », ajoute Anne Bourguignon.

Le style des wagons est à l’image des voitures Bugatti, très confortable. • © Stéphanie Mallauran, France Télévisions
L’opération délicate de tractage de l’engin est menée sous le regard des curieux venus pour l’occasion. « Il faut que j’assiste à toutes les étapes de ce voyage important », confie un passionné de Bugatti depuis toujours. « Il n’y a pas de mots, c’est beau », s’extasie quant à lui un amateur des belles carrosseries.
Un parcours suivi en temps réel
La petite fille d’Ettore Bugatti, Caroline Bugatti, a tenu elle aussi à assister à la sortie de l’autorail du musée, la troisième depuis 1981. Elle est très mobilisée pour mettre en avant cet événement. « Ce n’est pas tous les jours que l’autorail prend la route. On pourra le suivre tout au long de son parcours via une application. Des propriétaires de Bugatti le suivront pour prendre des photos ». Il est en effet possible de suivre en temps réel le convoi via l’application Glympse sur le site internet de Rétromobile.
Le convoi exceptionnel a pris la route en début d’après-midi. Trois jours de voyage pour être exposé à l’occasion des 50 ans de Rétromobile, du 28 janvier au 1er février. Installé sur un rail, les visiteurs pourront l’admirer en tournant autour.
S. Mallauran
source : France télévisions


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