CINÉMA : Hommage ferroviaire à Jean Gabin, Deux hommes dans la ville, une scène ferroviaire emblématique

Nouvel hommage à un autre monument du cinéma, précédemment rendu à Alain Delon, aujourd’hui cet article est dédié à Jean Gabin que l’on aperçoit dans une scène ferroviaire au début du film de José Giovanni, deux hommes dans la ville, un très beau film que j’ai visionné plusieurs fois, tellement réaliste…

Le film Deux hommes dans la ville, réalisé par José Giovanni en 1973 avec Jean Gabin et Alain Delon, est aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma français dramatique. Il raconte l’histoire d’un ancien détenu, Gino Strabliggi (Delon), sur le point de reprendre une vie normale à la suite de sa libération, mais confronté à un destin tragique malgré les efforts d’un éducateur, Germain Cazeneuve (Gabin).

L’une des scènes les plus mémorables du film est celle de l’arrivée du personnage de Gabin en gare, qui donne le ton du déroulement du récit : le retour vers la liberté et l’espoir, mais aussi l’amorce des tensions dramatiques à venir.

Dans le film, le plan d’arrivée du personnage principal est présenté comme se déroulant à Pontoise, dans le Val-d’Oise, pourtant, la scène a été tournée à la gare de Meaux, en Seine-et-Marne, et non à Pontoise, ce choix de lieu s’explique par des raisons pratiques de production : la mise en place des décors, des caméras et des mouvements de foule est souvent plus simple dans une gare plus petite ou plus flexible du point de vue des autorisations de tournage.

La scène emblématique où l’on voit Jean Gabin arriver en gare, bien que présentée comme étant la gare de Pontoise, constitue un bel exemple de mise en scène cinématographique : elle capture l’essence dramatique du film.

Même si Deux hommes dans la ville n’a pas officiellement utilisé la gare de Pontoise ou la SNCF comme partenaire de tournage, la scène ferroviaire illustre parfaitement comment une gare SNCF peut symboliser pour le cinéma le point de départ d’un nouveau chapitre pour un personnage.

un train de banlieue tracté par une BB 16500

Pour ce type de séquence, le tournage nécessite une organisation rigoureuse, notamment lorsqu’il se déroule dans un environnement ferroviaire actif. À l’époque déjà, la SNCF jouait un rôle essentiel dans l’encadrement des prises de vues en gare, autorisations de tournage, sécurisation des quais et des circulations, coordination avec les équipes techniques, adaptation des horaires pour limiter la gêne du trafic voyageurs. Même lorsque le tournage n’a pas lieu dans la gare réellement nommée dans le scénario, les infrastructures SNCF offrent des décors crédibles et immédiatement reconnaissables par le public.

La scène est filmée dans un style sobre et réaliste, fidèle à l’esthétique de José Giovanni. Peu d’effets, une caméra discrète et une attention portée aux gestes et aux regards des acteurs renforcent l’impact dramatique. Jean Gabin, figure d’autorité morale dans le film, apporte à la scène une gravité particulière, tandis que l’environnement ferroviaire accentue l’idée d’un destin en marche, impossible à arrêter.

Le tournage en gare impose également des contraintes sonores et techniques : annonces, trains en mouvement, foule réelle ou figurants. Ces éléments contribuent toutefois à renforcer l’authenticité de la scène.

Le tournage de Deux hommes dans la ville en environnement ferroviaire illustre parfaitement la collaboration nécessaire entre le cinéma et la SNCF. La gare, lieu de passage par excellence, devient un décor chargé de sens, servant le propos dramatique du film tout en s’appuyant sur le réalisme du quotidien. Une scène discrète, mais profondément ancrée dans la mémoire des spectateurs.

D. MARINO – http://www.sncfpassionqm.fr

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