CINÉMA : Alain Delon, un hommage ferroviaire

Hommage à Alain Delon, acteur disparut que j’aime beaucoup, cet article lui est dédié, un monument du cinéma français et italien 🇫🇷🇮🇹

Figure majeure du cinéma français et européen, Alain Delon a incarné à l’écran une galerie de personnages solitaires, élégants et souvent en fuite. Si l’on pense spontanément aux armes, aux silences et aux regards d’acier, un autre motif traverse discrètement sa filmographie : le train.

Ci-dessus, l’apparition d’un TGV dans Parole de Flic

Moyen de transport, espace dramatique, symbole du destin en marche, le train accompagne l’univers de Delon comme un fil de fer tendu entre mouvement et fatalité.

Ci-dessus, dans le film italien Notte di Quiete

Dans plusieurs films nous retrouvons Alain Delon dans des scènes ferroviaires, en particulier dans Mr klein et Nôtre histoire, dans ces 2 films nous pouvons apercevoir des voitures de la CIWL de l’Orient Express et aussi le TEE de la SNCF.

Dans le film Mr Klein apparaît la voiture Pullman de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (CIWL), construite en 1929, c’est une voiture-salon de type “Côte d’Azur” (numéro 4163) utilisée historiquement pour des trains de prestige. Au cinéma, la voiture Pullman 4163 a figurée dans les films Mr Klein et Assassinat sur l’Orient-Express.

Voitures CIWL Orient Express

Le jeu d’Alain Delon dans ces scènes est essentiel : il ne dramatise pas. Son visage reste figé, presque vide, ce qui renforce l’horreur. Cette absence d’explosion émotionnelle fait écho à la froide rationalité ferroviaire : des corps déplacés, comptés, acheminés. Delon devient un homme réduit à un numéro, exactement comme dans un convoi.

Voitures SNCF dans Mr klein

Dans Nôtre Histoire, le compartiment ferroviaire devient le lieu de la rencontre fondatrice entre les personnages de Delon et de Nathalie Baye.

Cet espace clos, soumis au mouvement mécanique du train, accentue le malaise et l’étrangeté du dialogue. Le va-et-vient des wagons, les vibrations et le défilement du paysage traduisent l’instabilité émotionnelle du personnage, incapable de s’ancrer dans une relation durable.

Bertrand Blier et Alain Delon sur le tournage Nôtre Histoire

Alain Delon adopte un jeu désarmant de fragilité. Loin de la maîtrise froide de ses rôles policiers, il apparaît passif, presque prisonnier du wagon.

Le train ne mène nulle part : il circule sans offrir de destination claire, à l’image de la vie du personnage. Le rail devient alors une métaphore de l’errance existentielle, où le mouvement remplace le sens.

En somme, dans Notre histoire, le train n’écrase pas l’homme comme dans Mr. Klein ; il le transporte indéfiniment, sans promesse ni issue, révélant une autre facette de la mélancolie delonienne.

L’affiche du film avec en arrière plan le TEE
(Trans Europe Express) de la SNCF

Le train s’accorde esthétiquement avec l’image de Delon : lignes droites, métal, vitesse maîtrisée. Comme ses personnages, le train est élégant, puissant, mais dénué de sentiment. Il traverse les paysages sans s’y attacher, tout comme Delon traverse les vies à l’écran, laissant derrière lui fascination et désolation.

D. MARINO – http://www.sncfpassionqm.fr

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