
C’était en 1996 : Tom Cruise accroché à un TGV pour l’affrontement final du premier Mission Impossible réalisé par Brian De Palma, une séquence marquante, qui a nécessité pas moins de six semaines de tournage, et ce sur le plateau 007 de Pinewood Studios, la saga d’action portée par Tom Cruise offre l’une de ses séquences les plus spectaculaires à un symbole majeur de la technologie française : le TGV de la SNCF. Entre réalisme ferroviaire, liberté cinématographique et enjeux d’image, cette scène illustre parfaitement la relation ancienne et complexe entre le cinéma et le rail français, tout en sachant que certaines libertés ne reflètent pas le réalisme ferroviaire techniquement parlant, un TGV sans caténaires et sans pantographe… 😊 Mais bon, on est au cinéma 😉

Depuis sa mise en service, le TGV incarne la maîtrise technologique, la vitesse et le progrès. Le choix de ce train pour une scène clé de Mission Impossible Dead Reckoning n’est donc pas anodin. Dans le film, le TGV est présenté comme un moyen de transport ultra-rapide reliant Paris à Londres, un axe stratégique au cœur de l’intrigue.
À l’écran, la rame SNCF devient bien plus qu’un simple décor : elle est filmée comme une machine lancée à pleine puissance, un espace clos où la tension ne peut que monter. Le mouvement constant, les vibrations, les couloirs étroits et les portes automatiques renforcent le sentiment d’urgence et d’enfermement.

Contrairement à ce que le spectaculaire pourrait laisser croire, la SNCF n’a jamais laissé un tournage se faire sans un encadrement strict.

Les scènes intérieures montrent un réalisme frappant : signalétique, sièges, éclairage, circulation des passagers. Ce souci d’authenticité témoigne de la collaboration entre les équipes du film et les experts ferroviaires, tout en respectant des règles de sécurité extrêmement strictes.

Si l’intérieur du train est crédible, la scène bascule rapidement dans le pur cinéma d’action. Le combat sur le toit du TGV, les passages à proximité de tunnels et d’obstacles, ou encore le déraillement final relèvent de la fiction totale. En réalité, l’accès au toit d’un TGV en circulation est impossible, et une telle situation serait instantanément mortelle.

Ces séquences ont été tournées sur des décors reconstitués en studio,à l’aide de wagons montés sur vérins hydrauliques,avec un recours massif aux effets numériques.
La SNCF interdit évidemment toute prise de risque réelle, mais accepte que le cinéma prenne ses libertés dès lors que la sécurité et l’image globale du matériel sont respectées.

La présence du TGV dans une superproduction hollywoodienne représente un enjeu de visibilité internationale majeur. À travers cette scène, la SNCF bénéficie d’une image associée à, la haute technologie, la fiabilité, la vitesse, le savoir-faire français.
Même si le trajet Paris-Londres est, dans la réalité, assuré par l’Eurostar, le TGV SNCF devient à l’écran un symbole universel du train à grande vitesse, facilement identifiable par le public mondial.

Cette collaboration s’inscrit dans une longue histoire. Depuis La Bête humaine de Jean Renoir jusqu’aux thrillers modernes, le chemin de fer français a toujours fasciné les cinéastes. Le rail offre un décor unique : linéaire, bruyant, contraignant, où le mouvement est permanent et l’évasion impossible. Dans Mission: Impossible Dead Reckoning, le TGV prolonge cette tradition en devenant un outil dramatique à part entière, au service de l’action et du suspense.
Conclusion
La scène du TGV dans Mission: Impossible Dead Reckoning est un parfait exemple de l’équilibre entre réalisme ferroviaire et spectacle cinématographique. Grâce à la collaboration avec la SNCF, le film ancre son action dans un cadre crédible, avant de s’affranchir des lois techniques pour servir l’émotion et le rythme.
Plus qu’un simple train, le TGV devient ici un acteur du récit, lancé à toute vitesse dans une course contre le temps et contre l’impossible.
D. MARINO – http://www.sncfpassionqm.fr
LA SCÈNE DU TGV


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