Symboles d’une époque passée où un voyage en train rimait avec luxe et calme, les wagons-restaurants ont entièrement disparu, mais pourraient bien faire leur retour.

De belles nappes blanches, des serveurs en costume trois-pièces, des mets raffinés, le tout dans le wagon d’un train nous emmenant à l’autre bout de la France… Comme le chantait Aznavour, il s’agit d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais qui reste malgré tout gravé dans nos mémoires au travers des romans et des films d’époque.
Mais à notre époque où le slow-travel (le voyage lent) gagne en popularité, une question se pose, pourquoi les wagons-restaurants des trains ont-ils disparu ?
Les wagons-restaurants des trains : un luxe perdu
Avant de comprendre pourquoi les wagons-restaurants ont disparu, il est indispensable de faire un petit retour en arrière pour connaître leur histoire.
Dans les colonnes d’Ouest-France, l’historien des chemins de fer et commissaire d’exposition Arthur Mettetal, auteur d’un ouvrage photographique intitulé Wagon-bar, une petite histoire du repas ferroviaire (2024), revient sur l’histoire si singulière de ces trains pas comme les autres.

Comme il l’explique : « les voitures-restaurants se développent à la fin du XIXe siècle avec l’impulsion d’une entreprise belge : la Compagnie internationale des wagons-lits (CIWL). En 1883, elle inaugure L’Orient-Express et crée ensuite un réseau international de trains de luxe. »
Et il s’agit d’une véritable prouesse technique pour l’époque. En effet, servir les passagers dans le train exige des magasins et des cuisines centrales pour assurer l’approvisionnement.
Il faut également savoir que la préparation des plats se fait à bord, dans des espaces très restreints, n’excédant pas 8 m². Un véritable défi pour le chef cuisinier, son assistant, le maître d’hôtel, ainsi que les deux à trois serveurs.
Pourquoi les wagons-restaurants ont-ils disparus ?
C’est après la Seconde Guerre mondiale que la restauration dans le train commence à perdre en popularité. Le progrès technique et la vitesse sont en partie responsables de ce changement des mœurs. « Entre 1939 et 1951, les voyageurs ont gagné trois heures et seize minutes pour rejoindre Nice au départ de Paris !

Fini le service des passagers à leur siège, apparaissent alors des wagons dédiés à la restauration qui proposent également des plats à des prix plus abordables. Dans les années 80 et 90, la cuisine est écartée des trains, qui finissent par ne servir plus que des plats réchauffés.
Vers un retour du wagon-restaurant ?
Comme dans les avions, l’ajout d’une tablette à l’arrière de chaque siège permet aujourd’hui aux passagers de consommer leur repas sans bouger, repas parfois acheté en gare et composé d’un sandwich triangle et de paquets de chips. On est loin de la gastronomie des premières années du wagon-restaurant !
Mais à notre époque où tout va trop vite, les clients recherchent désormais le luxe de savoir prendre son temps, certaines compagnies ferroviaires proposent ainsi des croisières, dans lesquelles le trajet fait partie intégrante du voyage et où le repas est un bon moyen de voir défiler les vaches sans sacrifier les plaisirs du palais.
Par Arnaud Swiac
Source: http://www.marmiton.org

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