
Située au bout du boulevard Georges-Clémenceau à Dieppe (Seine-Maritime), la gare de Dieppe apparaît en 1848 comme l’un des jalons essentiels de la liaison ferroviaire entre Paris et la Manche.
La compagnie des chemins de fer de Dieppe et de Fécamp obtient la concession en 1845 et met en service la ligne vers Dieppe le 28 juin 1848.
Par la suite, elle devient terminus de la ligne via Saint-Denis et Gisors vers la capitale à partir de 1873.
La gare ne se limite pas à une simple étape ferroviaire : elle scelle le lien entre le port de Dieppe, l’Angleterre et l’arrière-pays français. La ville et donc la gare bénéficient de ce pont ferro-maritime, positionnant Dieppe comme « la station balnéaire de Paris ». La liaison ferroviaire facilite aussi le commerce maritime, la pêche et l’arrivée de visiteurs venus du littoral. La transformation du port, accélérée par le plan Freycinet à partir de 1880, confère à la gare un rôle urbain renforcé.

Si le bâtiment initial date du milieu du XIXᵉ siècle, les aménagements se poursuivent. La gare est établie au point kilométrique (PK) 167,685 de la ligne.
La circulation ferroviaire et les raccordements jusqu’à la gare maritime de Dieppe-Port témoignent de l’intégration directe entre trains et navires.
Avec le temps, certaines liaisons s’étiolent : notamment la section passant par Serqueux vers Paris est fermée, ce qui réduit l’envergure historique de la gare.
Par ailleurs, la gare maritime de Dieppe (Gare de Dieppe‑Maritime) ferme en 1994 et ses installations sont démolies, marquant la fin d’un chapitre ferro-maritime.

La gare reste en activité, désormais desservie par des trains TER vers Rouen, et a connu une importante transformation. En 2025, on compte environ 700 000 voyageurs annuels, soit +36 % depuis 2015.
La municipalité de Dieppe porte un projet urbain majeur autour de la « Place de la Gare » et de la ZAC « Dieppe Sud », qui vise à redynamiser le secteur : pôle multimodal, aménagements piétonniers, parkings, liaison avec le port.
La gare, classée « site patrimonial remarquable » pour sa charpente, fait l’objet de travaux d’accessibilité et de modernisation réguliers.
Elle incarne l’essor du chemin de fer vers la mer et l’ouverture de la Normandie vers Paris. Elle est un témoin urbain de l’époque industrielle et balnéaire du XIXᵉ siècle.

Elle doit aujourd’hui s’inscrire dans la mobilité contemporaine (intermodalité, vélo, bus) et dans la reconversion urbaine autour du quartier portuaire. Elle rappelle que les infrastructures ferroviaires ne sont pas simplement techniques : elles sont des moteurs de développement, de migration, de tourisme et de mutation urbaine.

La gare de Dieppe n’est pas juste une station ferroviaire : c’est un lieu-charnière entre mer et rail, passé et futur. Depuis son ouverture en 1848 jusqu’aux projets urbains de 2025, elle illustre comment un équipement peut modeler la géographie, l’économie et l’identité d’une ville comme Dieppe.
Où la mobilité change, où les gares deviennent aussi des « lieux de vie », elle se trouve au cœur d’un renouveau, tout en portant les traces de son histoire glorieuse.

La stèle à la mémoire des agents tués pendant la seconde guerre mondiale, dans le hall de la gare.
D. MARINO


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