
Louis de Funès, accompagné de Bourvil et Terry-Tomas, s’est rendu au Festival de Cannes, en mai 1966, quelques jours avant le début des prises de vue de La Grande vadrouille.

C’était, en ce mois de mai 1966, le 20° anniversaire du festival international du Film, à Cannes; inauguré par M. Louis Joxe, ministre d’Etat, ce festival devait revêtir un éclat particulier connaître une animation exceptionnelle, plus de 850 journalistes de tous pays; de nombreuses personnalités du monde politique, économique, culturel; jury présidé par Sophia Loren comprenant, parmi ses membres, plusieurs académiciens, dont Marcel Achard, Maurice Genevoix, André Maurois, Marcel Pagnol, de l’Académie française Armand Salacrou, de l’Académie Goncourt ; baptisé « le jury des cadémiciens », il ne peut empêcher, cependant, la proclamation des résultats d’être particulièrement houleuse…
Mais quelles que soient les divergences de vues presque traditionnelles entre le jury et la critique sur l’attribution des récompenses, il est certain que le fait même de réunir les meilleurs échantillons de la production cinématographique internationale, avec un tel faste, dans la recherche de la qualité et de la classe, reste le principal mérite de Cannes, devenu pour quelques jours carrefour du monde.
Une manifestation de prestige cette envergure implique la présence des principaux interprètes des films en compétition, de stars de première grandeur, d’ambassadeurs, de producteurs, de réalisateurs, etc…
Comment viennent à Cannes toutes les personnalités du monde du cinéma ?

Si beaucoup prennent l’avion, il est assez réconfortant pour nous de constater qu’en 1966 de nombreuses vedettes et non des moindres avaient choisi de voyager par le train, et notamment par le train bleu.
La fidélité au rail de Michèle Morgan est bien connue elle fit, comme toujours, l’aller et retour Paris-Cannes par le train bleu, de même que l’acteur britannique Dic Bogarde, l’américain Glenn Ford, et notre compatriote, excellent et savoureux Louis de Funès.

Arrivant de Rome par le train 130, Monica Vitti descendit de la voiture-lits Rome-Cannes, en gare de Nice vêtue d’un manteau de satin blanc, elle apparut éclatante de charme, de féminité, de joie de vivre, assez différente e ses habituels personnages d’intellectuelle, crées pour elle par le metteur en scène italien Antonioni dans l’Aventura ou le Désert rouge. C’est, ensuite, dans une voiture rouge, escortée par quatre motards de la police, qu’elle se rendit, de la gare de Nice, à Cannes, pour présenter au festival, devant la princesse Margaret et lord Snowdon, le film représentant Angleterre: Modesty Blaise . Monica Vitti, italienne, est l’interprète principale de ce film britannique, qui relate avec beaucoup d’humour (et de multiples gadgets) les aventures d’un James Bond en jupons.

A travers les productions des différents pays, on s’aperçoit aussi que le train joue souvent un rôle déterminant dans des scènes capitales de films remarquables, Citons celui de Claude Lelouch, représentant la France: Un homme et une femme, qui devait obtenir le grand prix (palme d’or), le jury et la critique étant, pour une fois d’accord.
C’est à la faveur d’un train manqué que l’héroïne (Anouk Aimée) fait la connaissance de l’homme de sa vie (Jean-Louis Trintignant). La fin du film se situe à la gare Saint-Lazare ou, a l’arrivée du train de Deauville se retrouvent les deux amants dans une très jolie scène pleine de mouvement et de poésie.

Roger Couderc ci-dessus
Dans la super-production américaine, inspirée du roman de Boris Pasternak, chef-d’œuvre de la littérature russe: Dr Jivago, c’est Géraldine Chaplin qui apparaît dans une séquence ferroviaire se déroulant dans un climat puissant et emouvant.

Rail et cinéma font plus que jamais bon ménage, on ne peut que s’en réjouir, associés au cours de la réalisation de nombreux films, ils le restent efficacement lorsqu’il s’agit de l’organisation des transports que nécessite une manifestation internationale de l’importance du festival de Cannes.
G. PETIT – le 10 mai 1966


Laisser un commentaire