HISTOIRE: Nice-Ville, la grande dame du rail azuréen

Depuis plus d’un siècle et demi, la gare de Nice-Ville veille sur le cœur battant de la cité.

Inaugurée le 18 octobre 1867, elle n’est pas seulement un point de départ ou d’arrivée : c’est un morceau d’histoire, une porte ouverte sur la Méditerranée, un symbole de modernité pour une ville nouvellement française.

Quand le premier train siffle sur les rails niçois, la ville vient tout juste d’être rattachée à la France depuis sept ans. Le projet ferroviaire, porté par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), marque un tournant décisif.

Avec la ligne Marseille–Nice, la Côte d’Azur entre enfin dans la modernité industrielle et touristique. Les hivernants anglais, russes et aristocrates européens affluent : le rail a ouvert la voie au mythe de la Riviera.

Une gare au charme intemporel: Derrière sa façade élégante du boulevard Thiers, on reconnaît la patte de l’architecte Louis-Jules Bouchot. Son style mêle sobriété néoclassique et détails décoratifs du Second Empire : frontons sculptés, verrières lumineuses, ferronneries raffinées.

Sous sa marquise en fer forgé, les générations se succèdent, mais le charme demeure. Peu de voyageurs imaginent qu’ils foulent un site classé Monument Historique depuis 1984.

Les grandes heures du XXᵉ siècle: Durant la Seconde Guerre mondiale, la gare n’échappe pas aux bombardements. Partiellement détruite, elle sera rapidement reconstruite et modernisée.

Dans les années 1960, avec l’essor du tourisme de masse, elle devient un véritable carrefour ferroviaire. L’arrivée du TGV Méditerranée et des TER rapides renforce encore son rôle stratégique. Nice-Ville devient la porte d’entrée ferroviaire du littoral azuréen.

Entre patrimoine et modernité: Aujourd’hui, la grande dame de Thiers continue de se réinventer. Les rénovations récentes ont permis d’améliorer l’accessibilité, de moderniser les quais et d’offrir une meilleure expérience aux voyageurs, tout en préservant l’élégance d’origine.

Avec plus de 10 millions de passagers par an, Nice-Ville reste l’une des gares les plus fréquentées du sud-est. Et elle n’a pas dit son dernier mot : le projet de ligne à grande vitesse (LGV PACA) et le prolongement du tramway promettent de redessiner son avenir.

Un témoin vivant du patrimoine niçois: Plus qu’un simple bâtiment, la gare de Nice-Ville raconte une histoire : celle d’une ville ouverte sur le monde, fière de son passé et tournée vers l’avenir.

Quand le soleil se couche sur les verrières et que le dernier train du soir quitte le quai, on comprend que Nice-Ville n’est pas qu’une gare:

C’est un symbole, une mémoire vivante, un repère pour des générations de voyageurs.

D. MARINO

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