Sorti en 1946, le film de René Clément rend hommage aux cheminots de la SNCF engagés dans la Résistance.

Véritable symbole du courage collectif, la bataille du rail reste une œuvre fondatrice du cinéma d’après-guerre et du mythe ferroviaire français.
Un film pour saluer les héros de l’ombre, un an après la libération, la France tente de panser ses plaies. Le pays veut se souvenir de ses héros, notamment de ces hommes et femmes qui, dans l’ombre, ont participé à la libération du territoire.
C’est dans ce contexte que René Clément réalise La Bataille du rail, produit avec le soutien direct de la SNCF.

Le film met en scène, avec un réalisme saisissant, les actions de sabotage menées par les cheminots contre les convois allemands. À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, l’œuvre mêle images reconstituées et scènes tournées avec de vrais employés de la SNCF, souvent anciens résistants eux-mêmes.

La SNCF, partenaire et actrice du film, la Société nationale des chemins de fer français joue un rôle essentiel dans la conception du film. Elle met à disposition des trains, du matériel, des gares et surtout, ses agents. Beaucoup de figurants sont de véritables cheminots ayant vécu la guerre. Leur présence confère au film une authenticité rare, ce partenariat traduit aussi la volonté de la SNCF de redorer son image à la sortie du conflit, car l’entreprise, créée en 1938, sort d’une période ambiguë : certains cadres ont collaboré, d’autres ont résisté. Avec La Bataille du rail, elle veut rappeler l’engagement héroïque de ses agents dans la lutte clandestine.

René Clément, alors jeune réalisateur, opte pour un style quasi documentaire, caméra à l’épaule, montage nerveux, acteurs non professionnels : la mise en scène anticipe le néo-réalisme italien. Les scènes de sabotage, tournées dans les gares et les dépôts de la SNCF, impressionnent encore par leur force visuelle et leur tension dramatique. La bande-son, ponctuée du fracas des locomotives et des explosions, amplifie la dimension épique de cette guerre sur les rails.

Présenté au Festival de Cannes 1946, La Bataille du rail reçoit le Prix du jury international et le Prix international de la critique, le film rencontre un immense succès en France, où il incarne la renaissance du cinéma national. Il s’impose comme une œuvre de mémoire, contribuant à forger l’image d’une France unie dans la résistance.
À l’étranger, il devient l’un des premiers films français à évoquer la Seconde Guerre mondiale avec un regard humain et collectif. Héritage et mémoirePrès de 80 ans après sa sortie, La Bataille du rail conserve sa puissance symbolique, il rappelle l’engagement des cheminots résistants et l’importance du rail dans la libération du pays.
Pour la SNCF, ce film reste une fierté patrimoniale, l’entreprise continue de le valoriser dans ses archives et ses expositions, comme un témoignage d’histoire et de cinéma.

Fiche technique
Titre : La Bataille du rail – Réalisateur : René Clément – Année de sortie : 1946 – Production : Coopérative générale du cinéma français / avec le soutien de la SNCF – Durée : 1h25 – Distinctions : Prix du Jury international et Prix de la Critique – Festival de Cannes 1946.
Plus qu’un film de guerre, La Bataille du rail est une histoire de courage collectif.

En donnant la parole aux cheminots, René Clément et la SNCF signent l’un des premiers grands récits cinématographiques de la Résistance.

Un hommage vibrant à ceux qui, sur les voies, ont combattu pour la liberté, merci.
D. MARINO

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