BUGATTI : Entre trains et automobiles…

Bien que Bugatti soit surtout célèbre pour ses automobiles de prestige, Ettore Bugatti s’est aussi intéressé aux applications ferroviaires.

À l’origine, le constructeur avait développé un moteur très puissant pour sa voiture Type 41 « Royale » (12,8 litres, 8 cylindres en ligne), avec environ 300 ch. Ce véhicule était un échec commercial à grande échelle (trop coûteux pour le marché), mais les moteurs avaient déjà été produits.

La crise économique des années 1930 retarda les ventes. Bugatti a eu l’idée de réemployer ces moteurs pour équiper des véhicules ferroviaires, des autorails (automotrices légères, à moteur embarqué).

Ces autorails furent conçus dans les années 1930 (le premier vers 1933). Le nom officiel était Autorail Bugatti, souvent désigné « Wagon Rapide (WR) » dans la nomenclature ferroviaire de l’époque.

Ils furent exploités par plusieurs compagnies ferroviaires françaises avant la création de la SNCF : État, PLM, Alsace-Lorraine (AL).

Les caractéristiques communes incluent: 2 ou 4 moteurs à essence, 8 cylindres en ligne (issues de la conception Royale).

Lors des essais, l’autorail Bugatti atteignit environ 172 km/h ; une version ultérieure a établi un record de 196 km/h en 1934.

Design aérodynamique, carrosserie profilée, souci de l’esthétique autant que de la performance. Innovation de poste de pilotage central, le conducteur était placé dans une cabine centrale surélevée, avec une vision à 360° (utile pour inversion de direction sans changer de place), intérieur modulable, les sièges pouvaient pivoter pour faire face dans l’un ou l’autre sens selon le sens de marche, configuration “salon” possible.

Bugatti produisit 88 unités d’autorails dans diverses versions, toutefois, seul un exemplaire subsiste aujourd’hui, l’Autorail Présidentiel” conservé à la Cité du Train à Mulhouse, que j’ai photographié ci-dessous le 31 mai dernier à la cité du train.

L’autorail Présidentiel fût l’un des premiers livrés, il circulait notamment sur la ligne Paris → Deauville et Paris → Cherbourg, utilisé par le Président de la République française pour gagner du temps.

Les autorails Bugatti furent utilisés jusqu’en 1958 environ.

D. MARINO

2 réponses à « BUGATTI : Entre trains et automobiles… »

  1. Merci pour ces beaux documents d’époque. belle illustration du savoir faire et du luxe a la Française.

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    1. Bonjour, merci pour vôtre commentaire, au plaisir de vous relire 😊

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